Avec l’essor considérable de l’utilisation d’Internet, les enfants peuvent involontairement s’exposer, et exposer leurs proches, à certains dangers. Internet est un outil très utile, mais il est essentiel de bien le maîtriser pour éviter qu’il ne devienne néfaste. En tant qu’adultes, nous devons présenter cet outil, en expliquer l’intérêt ainsi que les limites.
Dans cet article : les principaux dangers auxquels les enfants et les adolescents peuvent être confrontés sur Internet, puis quatre réflexes pour les en protéger.

Quels dangers sur Internet ?
Le cyberharcèlement
Les réseaux sociaux sont devenus un lieu de prédilection pour le cyberharcèlement. En 2023, 15 % des enfants de primaire (8-10 ans), 25 % des collégiens et 27 % des lycéens déclaraient avoir déjà été confrontés au harcèlement en ligne1. Certains d’entre eux sont aussi victimes de harcèlement dans leur établissement : notre article Harcèlement scolaire : que faire ? vous aide à repérer les signes et à agir.
Les fausses informations
Les enfants et les adolescents ne sont pas toujours conscients que tout ce qu’ils voient sur Internet n’est pas réel, alors que les fausses informations (fake news) y sont monnaie courante, tant les informations circulent vite. En Suisse, par exemple, une étude publiée en 2019 montrait que les jeunes de 12 à 19 ans s’informaient plus souvent par les réseaux sociaux (59 %) et les plateformes vidéo (42 %) que par la télévision (33 %) ou la radio (31 %)2.
Les jeunes sont également exposés à des idéaux de beauté irréalistes sur les réseaux sociaux. Des filtres imperceptibles, appliqués par des personnalités publiques sur leurs photos, peuvent créer d’importants complexes et inciter les jeunes à retoucher à leur tour leurs images avant de les publier.
L’addiction aux jeux vidéo
Selon une étude menée en 2023, 94 % des enfants de 10 à 14 ans jouent aux jeux vidéo ; parmi les joueurs de 10 à 17 ans, 22 % jouent plusieurs fois par jour et 40 % tous les jours ou presque3. Les jeux vidéo peuvent être très addictifs, car ils offrent une gratification instantanée et peuvent être joués pendant de longues périodes sans interruption.
L’accès à des contenus choquants
Selon une enquête publiée en 2023, 7 jeunes sur 10, âgés de 11 à 18 ans, ont déjà été exposés à des contenus choquants sur Internet ou sur les réseaux sociaux. Face à ces contenus, seuls 23 % en parlent à un adulte, et un jeune sur quatre les signale au site ou au réseau social qui les diffuse4.
Si cette liste non exhaustive peut paraître effrayante, il est essentiel, en tant que parents et professionnels de l’éducation, d’en être conscients et de connaître les outils disponibles pour protéger les enfants des dangers d’Internet.
Comment protéger les enfants et les adolescents ?
- Dialoguons. Encourageons-les à parler ouvertement de leurs activités en ligne et des contenus ou comportements inappropriés auxquels ils peuvent être confrontés. Participons à leurs activités en ligne et apprenons-leur à se protéger et à protéger les autres.
- Présentons la nétiquette, c’est-à-dire l’ensemble des règles informelles à adopter sur Internet (courtoisie, confidentialité, etc.). Elle rappelle qu’il faut traiter les internautes comme nous traitons chaque personne que nous rencontrons au quotidien.
- Fixons des limites de temps pour l’utilisation d’Internet et des appareils électroniques, par exemple avec la règle « 3-6-9-12 » du psychiatre Serge Tisseron, relayée par l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA)5.
- Installons un contrôle parental pour empêcher l’accès aux contenus choquants. Ce dispositif peut également limiter le temps d’utilisation. Il doit être activé sur tous les écrans auxquels l’enfant a accès et mis à jour régulièrement : nous pouvons nous renseigner auprès de notre fournisseur d’accès à Internet et de notre opérateur mobile.
Parents ou enseignants, nous devons accompagner les enfants dans leur utilisation d’Internet et collaborer. Il est important de prendre conscience des dangers qu’ils encourent, sans diaboliser Internet ni les réseaux sociaux, et de maîtriser les ressources à notre disposition pour les sensibiliser et leur proposer des solutions efficaces.
Besoin d’aide ? Le 3018 est le numéro national contre le harcèlement et le cyberharcèlement : gratuit, anonyme et confidentiel, joignable 7 j/7 de 9 h à 23 h et disponible en application, il s’adresse aux élèves, aux parents et aux professionnels6.
Un roman pour en parler en classe et à la maison

Pour accompagner parents et enseignants dans cette démarche de prévention, les éditions Sésames proposent, pour les élèves du CM1 à la 6e, le roman Alerte sur Internet !. Il se compose de quatre récits « dont je suis le héros » : une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux, un jeu vidéo trop prenant, la réalité derrière les belles photos d’une idole, une vidéo maladroite qui fait le tour d’Internet… Les enfants font des choix et créent ainsi leur propre histoire, en découvrant les conséquences de leurs actions.
Le fichier ressource photocopiable (60 fiches en deux niveaux) permet d’exploiter le roman en classe et aide à lutter contre les dangers d’Internet à travers des réflexions, des témoignages, des débats et des exposés : publications en ligne, fausses informations, temps passé devant les écrans, discussions en ligne et cyberharcèlement.
Pour aller plus loin
- Découvrir Alerte sur Internet ! : le roman, le fichier ressource, le lot de 5 romans et le lot de 20 romans avec le fichier
- Découvrir Harcelés, pas question ! : quatre récits pour réfléchir au harcèlement
- Lire notre article : harcèlement scolaire, que faire ?
Sources
- Étude Caisse d’Epargne – Association e-Enfance/3018 sur le cyberharcèlement chez les 8-18 ans, réalisée par Audirep, 2023.
- Étude JAMESfocus « News et fake news », ZHAW (Haute école zurichoise de sciences appliquées), 2019.
- Étude SELL/Médiamétrie « Les Français et le jeu vidéo », L’essentiel du jeu vidéo, octobre 2023.
- Enquête Génération Numérique « Les contenus choquants accessibles aux mineurs », menée en ligne du 1er septembre 2022 au 14 janvier 2023 auprès de 6 928 jeunes de 11 à 18 ans.
- La règle « 3-6-9-12 » relayée par l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA), sur le site de Serge Tisseron.
- Ministère de l’Éducation nationale, « Non au harcèlement », page consultée le 28 septembre 2026.